Dans un autre article, je présentais la restauration de la première chaise de mon set de cuisine.

Dans ce nouvel article, je vais vous présenter une autre pièce de ce set, à savoir la table ! Retrouvez ci-dessous des photos et des vidéos des étapes de ce processus qui a été long mais très passionnant à réaliser.

C’est lorsqu’on travaille sur un tel projet qu’on est contente d’avoir fait des réserves ! En même temps, qui attend d’avoir un projet spécifique avant d’entasser du bois ?? Bon, j’avoue : j’essaie peut-être de justifier ma faible résistance à la tentation de récupérer tout le bois que je croise dehors au cours de mes ballades…

En effet, je ne manque pas une occasion de récupérer quelques planches ou chutes à l’occasion, que j’entrepose sur mes étagères en attendant de trouver l’inspiration. Pour faire la table, les différentes chutes de bois que j’avais en stock tombaient donc à merveilles.

Finalement, j’ai utilisé presque toute la réserve de l’étagère du bas à gauche, soit :

  • 4 pièces de 2 par 4 pour faire les pieds,
  • 4 pièces de 2 par 4 pour faire les angles de fixation des pieds,
  • 2 barres pour renforcer la longueur du plateau,
  • 342 pièces pour faire le plateau…

Au total, ce projet a nécessité 352 morceaux de bois !

Vive le recyclage, direz-vous !

En premier, j'ai réalisé le plateau.

Comme annoncé dans l’introduction de l’article, tout a commencé par du tronçonnage. Beaucoup de tronçonnage ! Puis est venu le temps de coller les pièces entre elles à l’aide de colle de menuiserie. Cette étape m’a littéralement pris 2 heures, le temps d’appliquer la colle au pinceau sur chacun des morceaux et de constituer les lignes.

Une fois le motif choisi et les pièces collées, j’ai pressé le plateau à l’aide de barres de serrage puis rempli les trous volontairement laissés à l’aide de pâte de bois fabriquée maison (mélange de colle de menuiserie et de sciure de bois). Le plateau a ensuite reposé toute la nuit.

Le lendemain matin, j’ai pu manipuler le plateau et ai travaillé sur 3 aspects :

  • la surface du haut : beaucoup de sablage pour enlever le surplus de colle et équilibrer la surface. J’ai prévu d’appliquer la finition au dernier moment;
  • les contours : j’ai découpé les morceaux qui dépassaient pour donner sa forme rectangulaire à la table, puis adouci les arrêtes à la ponceuse orbitale;
  • le dessous du plateau : plutôt que de le sabler pour le laisser apparent, j’ai décidé de le peindre à la peinture blanche, puis une fois la peinture presque sèche, je l’ai frottée avec du marc de café afin d’ajouter un effet vieilli. Puis, une couche de vernis à l’eau pour fixer le tout.

Voici en vidéo toutes les étapes de création du plateau.

Deuxième étape : les pieds et pièces de fixation.

Pour les pieds et pièces de soutien de la table, je voulais donner à mon bois un aspect vieilli. Pour ce faire, j’ai d’abord nettoyé les inscriptions présentes sur les morceaux (comme le bois est recyclé, on ne peut pas toujours choisir ses pièces au départ). Ensuite, j’ai abîmé mes pièces de bois à l’aide d’une triple méthode :

  • une brosse en métal installée sur ma perceuse,
  • un ciseau à bois enfoncé dans le bois à l’aide d’un maillet,
  • un rabot pour gratter de manière aléatoire.

La règle pour bien réaliser cette étape de vieillissement : oublier toutes les bonnes méthodes de maniement des outils que j’ai apprises !

Oui : on tient le rabot de travers et on le passe de manière saccadée, on insiste sur des zones avec la brosse en métal pour gratter la fibre et le ciseau ne sert pas à couper régulièrement des excédents, mais à entailler la surface du bois. Voyez cette étape comme un bon défouloir !

Une fois le bois abîmé, j’ai voulu le teindre. Pour ce faire, j’ai appliqué du marc de café infusé dans de l’eau chaude. Il ne faut pas hésiter à appuyer en frottant le marc sur le bois afin que les grains entrent dans les entailles, cela permet d’augmenter l’effet de nuances de teintes.

Comme finition, j’ai utilisé du vernis à l’eau passé en 3 couches.

Entre chaque couche, notez que j’ai sablé la surface avec un papier à grain 320 pour lisser les pièces au toucher.

Dans les exemples photographiés ci-dessus, vous pouvez constater la différence entre les bouts de bois de pin originels et les pièces travaillées : les morceaux originels sont restés beige clair avec une surface assez lisse et les pièces de table ayant subi le traitement vieillissement sont marron avec une surface plus caractérielle.

Voici un aperçu vidéo de la création des pieds de table vieillis au marc de café.

Troisième et dernière phase : l'assemblage et la finition.

Après avoir préparé les pièces individuellement, l’heure est venue d’assembler et de terminer la table !

En premier lieu, j’ai fabriqué 2 pièces de soutien au plateau selon le même principe que les pieds. Une fois ces pièces prêtes, elles ont été percées puis fixées au centre du dos du plateau.

Ensuite est venu le temps de fixer les pieds : j’ai d’abord assemblé les pieds et les pièces d’angle, puis vissé et collé le tout sous le plateau. Pour éviter d’avoir des vis apparentes sur la surface visible de la table, j’ai utilisé une mèche de perceuse plus large pour élargir le début des trous. Cela a permis de visser en faisant complètement disparaître les vis sous la surface. Comme le style de cette table me le permettait, j’ai ensuite rebouché les trous à l’aide de pâte de bois maison.

La prochaine étape a consisté à vérifier s’il restait encore des trous dans la surface et à les reboucher, toujours à l’aide de pâte de bois. S’en est suivi une nouvelle étape de sablage avec ma ponceuse orbitale équipée de papier au grain graduellement plus petit, de 120 jusqu’au 220. Juste avant d’appliquer la finition, j’ai sablé à la main cette fois-ci avec du papier à grain 320.

Voici enfin l’heure de la finition ! Bien que cela semble rapidement dit, cette étape a en réalité pris plusieurs jours ! Pour cause, il faut laisser le bois reposer pendant 24 heures avant de rajouter chaque couche d’huile. Et j’ai appliqué 7 couches.. Mais c’est pour le mieux ! En effet, cela permet d’étanchéifier le bois et de rendre la finition plus résistante. Ces critères sont d’autant plus importants que cette table sera très utilisée.

Concernant l’huile utilisée : j’ai choisi de l’huile d’abrasin connue pour sa capacité à rehausser l’éclat et l’intensité du veinage du bois.
Je ne pouvais pas choisir mieux vu le caractère que je voulais donner à cette table. L’huile d’abrasin fait donc ressortir la singularité de chacune des petites pièces du panneau dans sa forme, son grain et ses motifs particuliers.

Avant l’application de chaque nouvelle couche d’huile, j’ai sablé la surface à l’aide d’une laine d’acier très fine.

Cela permet de lisser le fini mais aussi de préparer le bois à recevoir la nouvelle couche d’huile.

La dernière couche a été appliquée différemment. En effet, j’ai utilisé la technique du ponçage humide. C’est-à-dire qu’au lieu d’appliquer l’huile avec un chiffon, j’ai utilisé de la laine d’acier.
C’est seulement après ce ponçage que j’ai essuyé la surface avec un chiffon.

Cette vidéo présente toutes les étapes d’assemblage et de finition de la table.

Enfin, après près de 2 semaines de travail, la table était enfin prête à rejoindre la première chaise du set !

Voici quelques photos pour conclure cet article.