Ma Muse, où vas-tu donc, me laisses-tu alors ?
Quand mon cœur veut chanter, tu lui fermes les lèvres
En y posant ton doigt qui fait taire mes maux.
Voudrais-tu me quitter quand le jour se profile ?


Lorsque mon existence était hymne au malheur,
Je me confiais à toi et tu berçais mon âme ;
Nous avons partagé les ombres de la joie,
Tu m’as été fidèle et as transcrit mes mots.


Que ne peux-tu rester à mon côté toujours,
Que nos deux entités vivent complémentaires
De la douce chaleur rassurante du verbe
Où il n’est de violence si ce n’est en nos pages ?


Tu me dis c’est assez, ici n’est ton royaume,
Que la nuit te protège et que le jour t’achève ;
Tu me dis d’oublier toutes ces nuits heureuses
Où nous riions ensemble en sublimant mes peines…


Car tu ne veux qu’au jour je repense à cette ombre,
Afin qu’avec ta sœur aux cieux je m’épanouisse.
Cesse donc ce discours ! Que me valent les cieux
Sans celle qui le soir a bercé ma faiblesse ?


Ma force d’aujourd’hui est ton plus grand hommage.
Tu veux partir, fais donc, mais saches que toujours
Nos heureuses tristesses feront la nostalgie
D’un cœur qui, malgré toi, ne bat que par ton souffle !


Car au plus vif des jours il demeure des ombres
Au pied de tous ces arbres qui me protégeront
Des rayons acérés gommant les origines
Et venant même à bout des plus vives mémoires.


Céans sera mon antre où je reposerai
A l’abri de tout faste qui ôterait de moi
Ton si doux souvenir, et je fredonnerai
Les œuvres de nos nuits qui ont fait ma jeunesse…


W.P.